La nécessité d’un développement rapide et
soutenue du secteur TIC
En ce qui concerne les TIC, le monde des affaires Tunisien est dans une phase de rattrapage
des économies les plus avancées. Ce processus met la pression sur les entreprises
TIC pour qu’elles accroissent rapidement la qualité de leurs produits et services. La
création de ces capabilités au travers d’un développement interne
coûte très cher et peu prendre plusieurs années. Le meilleur moyen
pour acquérir ces capabilités rapidement est de rendre les produits et le savoir
faire actuellement disponibles dans les pays développés facilement accessibles
aux entreprises locales. Dans cet esprit, l’établissement d’un environnement
d’affaires attractif et la suppression des barrières commerciales sont indispensables
pour le développement futur du secteur.
Malgré que ce secteur soit l’un des plus libéralisés de Tunisie,
seul 6% des entreprises TIC sont des filiales d’entreprises internationales. Le secteur
TIC continue à faire face à des problèmes affectant la distribution
locale de produits et services TIC importés. Quelques exemples :
- L’acquisition de services en ligne. Chaque entreprise Tunisienne
qui achète des logiciels importés peut utiliser des services fournis depuis
l’étranger. Cependant, il y a encore des difficultés pour payer en
ligne et en devise certains services tels que l’aide à l’installation,
le « help desk » et le support technique pour les logiciels d’entreprise.
- La protection contre le piratage. L’ouverture de l’accès à des
logiciels étrangers est très souvent accompagnée de fortes restrictions
relatives au copyright. Bien que membre de l’O.M.C., la Tunisie présente
toujours des faiblesses dans l’application de règles internationales sur
le droit d’auteur.
- Les déplacements des professionnels à l’étranger.
Dans l’industrie des TIC il est d’usage que les spécialistes viennent
directement chez les clients pour travailler sur des projets et ceci sur une période
déterminée. La possibilité pour des professionnels en TIC étrangers
de travailler en Tunisie sur un longue période, et réciproquement, permettrait
de répondre plus rapidement et à un coût de transaction moindre.
Le tableau suivant récapitule les plupart des barrières affectant le développement du
secteur IT et que l’on peut retrouver dans les analyses on-shore et off-shore présentées
ici ainsi que dans l’article précédent.
En conclusion, trois recommandations sont à retenir, pour aider les décideurs à formuler
une stratégie de renforcement du secteur TIC, et lui conférer un rôle
décisif dans la consolidation des avantages compétitifs de la Tunisie:
- Le développement des TIC doit s’intégrer dans un
plan global de développement d’une société de l’information
en Tunisie, faisant appel à des expertises locales ou à défaut à des
transferts de technologies avec des partenaires stratégiques associés sur
le long terme. Les principes qui gouvernent le choix des fournisseurs et les modalités
d’appels d’offre et d’adjudication au moins disant qui ont cours aujourd’hui,
sont à notre avis, à revoir complètement.
- S’écarter de l’idée basique qu’une main
d’œuvre disponible et avec de faibles salaires est génératrice
de Business ou d’investissement directs étrangers. Il y aura toujours des
pays moins chers et dotés d’infrastructure d’accueil meilleure. Vu
la taille des entreprises tunisiennes, miser plutôt sur les demandes spécifiques
et les attentes des marchés niches, pour lesquelles la Tunisie pourrait avoir
un meilleur positionnement.
- Internationaliser le secteur TIC en négociant des accords de libéralisation bilatéraux
et réciproquex pour l’ensemble des modes de fourniture des services, selon le
cadre générale AGCS de l’OMC. Ceci favorisera le développement de
l’infrastructure et les transferts de technologies grâce notamment à une
liberté d’exercice des professionnels sur un territoire plus large.
|
 |