La demande en produits et services devient de plus en plus complexe à prédire à long
terme. Volatilité des besoins exprimés par le marché, incertitude économique,
diversité et démultiplication de l'offre, sont autant de facteurs qui rendent
la planification de la demande de plus en plus complexe à prédire en termes financiers,
de volume, et de mix produit. Sans bonne information, les risques de sur stock, ou de rupture
de stock, voire même d’obsolescence des stocks, se trouvent plus accrus. Et lorsqu’on
sait que le compromis entre les coûts logistiques et la qualité de service
(réactivité) dépend de chaque couple produit/marché, on comprend
alors pourquoi la décision de combien, où et quand stocker prend une dimension
stratégique pour l’entreprise. Ceci est d’autant plus critique dans les Supply
Chains qui fonctionne en flux poussé. A titre d’exemple, Compaq évalue entre
0,5 et 1 Milliards de $ son manque à gagner pour non disponibilité de ses produits
chez les distributeurs. Or, la décision de stockage va dépendre d’une multitude
de facteurs internes et externes, qui n’agissent pas forcément dans le même
sens, et qui peuvent même avoir des implications contraires.
Cette complexité requiert une plus grande maîtrise et visibilité le long
de la supply chain et impacte l'ensemble de ses composantes : produits, volumes, informations,
systèmes et modèles collaboratifs. D’une manière générale,
trois aspects essentiels de la Supply Chain contribuent à la compréhension de
la gestion des stocks et à la gestion des risques associés:
1. Comprendre quel type de collaboration est mis en œuvre avec les clients, les fournisseurs,
et les prestataires.
2. Comprendre l'impact sur l'offre produit (marché sensible aux coûts, rationalisation,
expansion), la différenciation de l'offre en termes de mix produit v/s taux de service
et l'impact sur la stratégie d'exécution (définition des points de découplage
de la supply chain et critères de gestion de positionnement et de niveaux de stocks).
3. Comprendre l'impact sur les informations et les systèmes associés : plus grande
transparence entre les partenaires de la Supply Chain avec accès à des données
stratégiques et opérationnelles. Les solutions de type one-to-one évoluant
de plus en plus vers des solutions plus globales.
Or, les études montrent que même lorsque la demande client varie légèrement,
les niveaux de stocks et les approvisionnements le long de la Supply Chain varient d’une
manière considérable. La variabilité dans une chaîne logistique
a naturellement tendance à s’amplifier. En effet, pour maintenir le niveau de
service, la variabilité des demandes d’approvisionnement est supérieure à la
variabilité de la demande client. Et plus on est en amont de la chaîne logistique,
et plus l’amplitude de variabilité est importante. Ce phénomène
est bien connu sous le nom de l’effet « Bullwhip » -voir figure 1-.

- figure 1-
Réduire cette variabilité nécessite de développer des outils
et techniques spécifiques. Pour cela, il faut d’abord comprendre les facteurs
de variabilité, qui découlent essentiellement de:
- La planification de la demande
- Les délais de livraison
- Les lotissements des commandes / temps de cycle
- La fluctuation des prix
- La majoration des quantités / stock de sécurité
- Le renouvellement économique des stocks
- La limitation des systèmes
L’industrie automobile a très tôt pris conscience de ce phénomène,
et elle a mis en place une coordination logistique impulsée et pilotée par l’aval.
Le cas Toyota montre une bonne illustration de « best practices » de
réduction des stocks tout en améliorant le taux de service. La grande réussite
a été non seulement de créer un référentiel d’organisation
commun, le long de la chaîne d’approvisionnement, mais aussi de faire communiquer
les différents maillons de la Supply Chain, et ce, dans les meilleures conditions, à travers
des solutions technologiques intégrables.
D’où l’importance de l’adoption de standards pour servir d’interface
neutre entre des solutions hétérogènes, afin de lisser au maximum les
flux d’informations et les flux physiques. Ces standards permettent entre autre d’assurer
une traçabilité ascendante et descendante des produits, et donc une meilleure
information client.
Avoir une information générale, sur l’offre et la demande, la capacité et
le potentiel, la position et les niveaux des stocks le long de la chaîne, permettra
de mieux faire face aux fluctuations, imprévus et perturbations dans le cycle de création
de valeur. C’est là qu’une stratégie de stock global mobilisé dans
la Supply chain prend tout son intérêt. Plus l’entreprise maîtrise
l’information, et plus elle maîtrisera sa stratégie de stockage. Nous ne
dirons pas comme certains que l’information remplace les stocks, mais disons
qu’elle y contribue fortement !
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