Le coach en entreprise est une personne qui a pour rôle de catalyser l’ouverture
du champ des possibles et l’épanouissement professionnel.
Le terme " catalyser " souligne que le coach n’apporte pas de solution mais que sa
présence et son mode d’interaction favorise l’émergence de nouvelles perspectives
et de nouvelles options d’action. Autrement dit, le coach agit un peu comme… une enzyme
!
Tirer le meilleur parti des expériences difficiles
L’intervention d’un coach consiste à s’appuyer sur des difficultés spécifiques
rencontrées par une personne ou une équipe dans son contexte professionnel pour conduire
cette personne ou équipe à porter son attention sur :
-
le système avec lequel elle interagit, le rôle qu’elle y
joue et les spirales destructives ou constructives auxquelles elle prend part
: c’est l’intelligence des systèmes complexes ;
-
les motivations et les sentiments qui sous-tendent ses postures relationnelles
et ses décisions : c’est l’intelligence des émotions
;
-
les stéréotypes et la subjectivité du langage qu’elle
emploie : c’est l’intelligence des conceptions du monde.
Il s’agit donc d’aider le client à tirer partie de situations difficiles
qu’il vit dans son contexte professionnel –contexte auquel il consacre une part
non négligeable de son temps et de son énergie– pour les transformer
en opportunités d’enrichir sa perception du monde, de s’épanouir
et d’améliorer sa participation active dans son cadre de travail.
Rester pragmatique
Une intervention de coaching n’est pas une formation théorique mais une découverte
pratique. C’est un accompagnement pour faciliter l’analyse et la conceptualisation ‘au
fil de l’eau’ d’expériences vécues, concrètes et actuelles.
Il s’agit d’amener le client vers une compréhension plus profonde de la situation
dans laquelle il est impliqué. Dans "comprendre", il y a l'idée "d'embrasser
dans son ensemble". La compréhension est une véritable assimilation biologique d’une
situation. Autrement dit il ne s’agit pas d’inciter le client à engranger superficiellement
des théories et des concepts mais de l’aider à éclairer son propre vécu
par des mots et des liens.
Conceptualiser pour favoriser la compréhension
Dans la démarche, les modèles théoriques ne sont présentés que lorsqu’ils
peuvent faciliter la conceptualisation du vécu. Les modèles auxquels je me réfère
le plus souvent concernent :
-
le processus de catégorisation inhérent à tout être
vivant et indispensable à toute décision ;
-
le processus de décision et son ancrage biologique/émotionnel
;
-
le processus de deuil qui se déclenche à chaque fois qu’il
y a une rupture entre l’individu et un être vivant, un objet, une
idée, un projet… auquel il s’était attaché ;
-
les postures de communication adoptées préférablement
par un individu en société ;
-
le processus d’apprentissage et d’adaptation par l’analyse
des expériences décevantes (liens entre expérience, conceptualisation,
connaissance et comportements) ;
-
les processus constructifs (constructivisme) : systèmes dynamiques complexes,
co-évolution, émergence, transition… ;
-
et aussi : le processus d’autonomisation chez l’être humain,
le développement cognitif de l’individu, l’émergence
du sens dans l’information via un système cognitif…
Ce que le client peut attendre d’un accompagnement par un coach
On peut raisonnablement attendre une évolution significative du comportement professionnel de
l’individu ou de l’équipe, de sa " façon d’être dans l’entreprise ".
En particulier, il devrait apparaître chez la personne ou l’équipe coachée
des orientations relativement créatives par rapport à la situation antérieure.
Il se peut aussi qu’un accompagnement donne lieu à une véritable métamorphose
du comportement. Autrement dit, la structure –individuelle ou collective- résout ses contraintes
en générant une structure ‘d’ordre supérieur’ (une forme ‘méta’,
telle que celle du papillon par rapport à la chenille). Se pose alors la question de l’écologie
de la transformation.
Les limites du coach
Le coach n’est pas un psychothérapeute. Sauf formation spécifique, il n’est
pas sensé avoir de compétences en matière d’addiction, de difficultés
relationnelles ou affectives majeures ou encore de troubles obsessionnels compulsifs. Par ailleurs,
sa démarche s’inscrit dans l’ici et maintenant. Les références au passé ne
portent que sur une période relativement récente telle que le parcours professionnel.
Il ne s’agit pas d’explorer les fondements de la personnalité.
Il arrive pourtant qu’une situation professionnelle sollicite chez un individu une blessure psychique
profonde et provoque un ébranlement voire un effondrement de sa personnalité. Il se peut
aussi que des difficultés professionnelles soient liées à des difficultés
qui relèvent de la sphère privée. Dans de telles situations, l’aide requise
peut relèver de la psychothérapie (thérapie systémique, psychothérapie
face à face, hypnose eriksonnienne, psychanalyse,…). C’est alors un des rôles
du coach que d’orienter et d’accompagner son client vers une telle démarche.
Enfin, le coach n’accomplit pas de miracle. Il s’engage sur des moyens et non des résultats.
Cela fait partie de sa mission que de cerner avec son client des objectifs ‘écologiques’,
c’est à dire compatibles avec le degré de flexibilité du milieu environnant. |