La multiplication des changements, qui touchent son environnement, a conduit
l’entreprise à rechercher et miser de plus en plus sur des avantages concurrentiels
spécifiques et immatériels.
Ces changements on rendu caduques, dans certains cas, la logique de l’opération
pour lui substituer la logique de l’évènement et de l’inter-opération.
On assiste, d’une manière générale, au passage d’une logique
exécutoire à une logique résolutoire. Ce passage se manifeste par une
intensification et une complexification des flux d’information et flux physiques au
sein de l’entreprise, et donc une plus grande place à la fonction logistique
en tant que démarche de management stratégique et véhicule de logique
organisationnelle.
Et si l’on revient au sens premier de la logistique, nous comprendrons mieux pourquoi
la logistique est une question de logique, qu’elle constitue un avantage compétitif
déterminant et qu’il y a lieu de développer.
Précisons d’abord que la logistique se manifeste dès qu’il y
a un processus d’échange. Et comme tout processus d’échange engage
la mise en œuvre de moyens afin d’atteindre une finalité, la logistique
peut être décrite comme une recherche de cohérence entre une logique
de moyens et une logique de finalité.
A l’échelle de l’entreprise, les moyens sont une combinaison pertinente
entre plusieurs ressources. Celles-ci sont nécessaires à la construction des
compétences. D’après G. Hamel dans son livre " The concept of Core
competence ", l’entreprise détient trois compétences génériques, à savoir
des compétences d’accès au marché, des compétences fonctionnelles
et des compétences relationnelles. Ainsi 2/ 3 des compétences d’une organisation
sont considérées comme des compétences logistiques et par conséquent,
il est impossible pour une entreprise de se développer, sans développer ses
fonctionnalités logistiques.
Nous rajouterons que le sous-développement au niveau de l’entreprise, à l’image
du sous-développement à l’échelle d’un pays- peut être
défini comme un sous-développement logistique. D’ailleurs, on n’est
pas sous-développé parce qu’on possède peu de ressources, mais
plutôt parce qu’on gère mal ses ressources!
Chaîne logistique et chaîne de confiance
Chaque transaction suppose une confiance mutuelle entre les parties. Le processus qui se
déclenche par la passation d’une commande, jusqu’à la livraison
et conclusion de la transaction par le retour des fonds s’appelle la chaîne logistique.
Nous observons depuis quelques temps une globalisation des chaînes logistiques et une accélération
des échanges commerciaux, qui évoluent plus vite que la croissance de la production de
richesses, aussi bien au niveau des pays que des entreprises.
La logistique prend ainsi la dimension de stratégie d’entreprise, voire même de stratégie
interentreprises.
Cette chaîne logistique globale implique plusieurs acteurs et couvre des zones géographiques
plus étendues. Elle comprend 3 types de flux: des flux physiques, des flux d’information,
et des flux monétaires.
Une rupture ou une faiblesse dans un des flux peut avoir des conséquences graves sur le niveau
de performance globale, puisqu’une défaillance enregistrée au niveau du client final,
c’est l’addition des défaillances de chaque intervenant, multipliées par les
défaillances d’interfaçage de toute la chaîne logistique.
Les processus d’échanges deviennent de plus en plus complexes et nécessite
une gestion logistique rigoureuse pour maintenir la fluidité, la continuité et
la traçabilité des flux inter et intra processus.
Les optimiser signifie améliorer leur performance, donc être capable de qualifier
cette performance (définir des critères objectifs) et de la mesurer - au minimum
de l’évaluer – afin d’imaginer des processus alternatifs plus performants
(mesurés à l’aulne des mêmes critères).
Ce n’est pourtant pas suffisant : dans la plupart des cas, la performance du processus évolue
dans le temps, en fonction des volumétries traitées qui ne sont pas réparties
de manière homogène et de la disponibilité des ressources matérielles
et humaines.
De plus, la performance optimale du processus ne correspond pas forcément à la
performance optimale de chacune de ses parties.
Et là on arrive à une notion importante en logistique: L’approche systémique.
L’entreprise n’est plus considérée comme un système simple en équilibre
statique (approche mécanique) mais plutôt un système complexe en équilibre
dynamique (approche organique). L’approche systémique consiste ainsi à voir les
inter-relations plutôt que les chaînes linéaires de cause à effet et à voir
les processus de changement plutôt que des instantanés.
Les défis que doivent relever les acteurs d’une même chaîne logistique
peuvent se résumer ainsi : Il ne s’agit plus de faire des entreprises individuellement
performantes, il faut aussi que l’ensemble des acteurs, depuis le fournisseur du fournisseur,
jusqu’au client du client, y compris les prestataires de services, les banques, les
assurances, les administrations,… concourent tous et simultanément à une
meilleure efficacité globale. Autrement dit, l’excellence logistique.
La logistique prend finalement une acception très large. Elle est, toute à la
fois, un élément moteur de la chaîne de création de la valeur,
une source d’économie, une discipline du management stratégique, et une
arme essentielle pour la flexibilité de la production et la distribution. A ce titre,
elle mériterait plus d’attention de la part des dirigeants. |