Vers un nouveau modèle d'entreprise
Partant du fait que les conditions de la performance ont changé et du constat q'un
paradigme nouveau basé sur le pilotage remplace celui basé sur le contrôle,
nous pouvons avancer que l'entreprise dans son acception moderne est un système complexe
de transformation de flux .
Elle est d'une part système, car ses parties y sont interdépendantes et
elles fonctionnent ensemble comme un tout et réagissent à l'environnement
global de l'entreprise, et d'autre part, elle est complexe car ses données de sorties
ne sont pas fonction linéaire de ses intrants. Les composantes de l'entreprise système
assurent donc la transformation de flux (physiques, d'information et monétaires)
d'entrée en flux de sortie à travers des processus bien identifiés
et qui matérialisent la chaîne de valeur .
L'avantage d'un tel modèle est qu'il permet de définir des caractéristiques
génériques à l'entreprise et qui sont propres à tout système, à savoir,
sa finalité (mission), son potentiel de réalisation (capacité à atteindre
ses objectifs), sa vitesse de réaction (temps de cycle), sa complexité (ses
composantes), son entropie (déperdition de ressources), .etc.
Cet ensemble de caractéristiques impactent le positionnement, la croissance, la
taille, la structure et la « philosophie » de gestion de l'entreprise.
Notons au passage que la manière dont les flux de sortie sont produits
est unique à chaque entreprise. Plus l'entreprise se développe dans le temps
en assurant des profits additionnels et produisant davantage des biens et / ou services,
plus le « trafic des flux » augmentera et par conséquent la
densité de ses processus métier et support. Cette dernière dicte donc
les conditions d'équilibre statique et dynamique de l'entreprise système.
Par ailleurs, plus l'entreprise se développe, plus elle a besoin de se doter de
sous-systèmes élaborés pour assurer un pilotage rigoureux qui assurerait
le bon fonctionnement des sous-systèmes entre-eux par le recours à des modes
de pilotage et de corrections continues des écarts relevés quasiment en temps
réel.
A l'image de son environnement, l'entreprise est en perpétuelle mutation; il s'agit à la
fois de s'adapter aux phénomènes contingents et d'évoluer vers un
nouvel état d'équilibre plus propice à son développement.
En partant du postulat que toute entreprise évolue d'un état d'équilibre
de départ A à un état d'équilibre B sachant qu'elle visait
un état C, l'évaluation de la performance d'un tel exercice doit procéder à une
double mesure d'écarts. L'écart entre ce qui est réalisé par
rapport à ce qui était prévu, d'une part, et entre ce qui était
prévu par rapport à ce qui est potentiel, d'autre part. Sachant que ce qui
est prévu est souvent subjectif, puisqu'il émane d'une volonté d'atteindre
une « destinée » correspondant à la vision de quelques
décideurs de l'entreprise.
Si les objectifs assignés à l'entreprise dépassent son potentiel,
il n'y en principe aucune chance pour que celle-ci les réalise. Toute la difficulté réside
donc à émettre les bonnes hypothèses (la stratégie en fait
partie) et à mettre en ouvre les conditions nécessaires à leur validité.
C'est le nouveau rôle complexe assigné aux managers à qui on demande
non seulement de développer le potentiel de l'entreprise mais de tendre vers sa
réalisation. |