Mars 2004

Le Supply Chain Management :
Un atout concurrentiel ?

  Par Hilel Habbej, Consultant et Auditeur Logistique

Dans tous les secteurs, les sociétés étendent leur emprise géographique. La pression du client, les besoins de croissance des parts de marché, la réduction des barrières commerciales et douanières et le potentiel lié au progrès de la technologie sont les moteurs principaux de cette globalisation de l'activité. De nouveaux défis en résultent pour l'entreprise, tant en termes de mise en place de stratégies d'achats et d'approvisionnement au niveau mondial que de capacité à être présente sur de nouveaux marchés . Les opportunités sont fortes, mais pour en tirer parti les entreprises doivent accélérer leur mise à niveau, leur système organisationnel, leur système d'Information et leur système Managerial.

Qu'est ce que le SCM ou la Gestion de la Chaîne Logistique Globale ?

Le SCM est l'art de mettre en place et de piloter une organisation transversale, destinée à satisfaire un client dans les meilleurs délais et au meilleur coût. (notons au passage que MKC a été le premier cabinet tunisien à organiser un séminaire sur le sujet en 2002 en partenariat avec l'Utica et FKA Lire l'article de presse. )

La différence fondamentale introduite par cette approche de gestion de la chaîne globale vis-à-vis du fonctionnement classique tient dans le caractère transversal aux fonctions et à l'organisation de l'entreprise. La chaîne logistique doit être alignée avec la stratégie de l'entreprise et mise en oeuvre en conséquence. Compte tenu des fonctions mobilisées, il s'agit là d'une responsabilité de niveau de direction générale.

Son Objectif :

Répondre à la demande du client, qui n'est bien satisfaite qu'en cas où le produit est disponible au bon moment. La disponibilité dépend de la gestion des stocks et est elle même fonction du planning de fabrication . Celui-ci n'est réalisable que si les matières premières de l'entreprise sont approvisionnées au bon moment. Tous les flux matières de l'entreprise sont ainsi interdépendants. C'est la Chaîne Logistique Globale (SCM) , constituée de maillons reliés entre eux.

De cette modélisation en chaîne, on tire deux enseignements , l'un physique, l'autre mathématique :

-La solidité d'une chaîne est égale à la solidité du maillon le plus faible : une livraison ratée peut provenir d' une erreur d'approvisionnement de matière première, bien en amont.

-L' Optimisation d'une somme d'activités interdépendantes ne résulte pas de la somme d'optimisation locale : seule la gestion globale de tous les flux de matières et de produits dans l'entreprise peut aboutir à la meilleure productivité.

En d'autres termes, les gains réalisés maillon par maillon reviennent souvent à déplacer des problèmes (donc des coûts) en amont ou en aval. Il est donc plus intéressant d'optimiser l'ensemble de la chaîne pour obtenir de meilleurs résultats sur l'ensemble du processus interne .

Pour répondre à cette évolution, la fonction du responsable logistique a aussi évolué. D'un rôle purement opérationnel (chef de dépôt , responsable transport, chef des approvisionnements), il assume aujourd'hui une responsabilité stratégique : répondre à un taux de service fixé au moindre coût. Le taux de service externe vers les clients, relève évidemment non d'un choix logistique mais d'une décision stratégique de l'entreprise puisqu'il fait parti de la définition de l' offre.

Parallèlement, par des optimisations successives, le logisticien recherche une baisse globale des coûts, dont on connaît aujourd'hui deux natures : d'une part les coûts opérationnels, d'autres part le capital investi, qui porte notamment sur la logistique à travers les stocks, la flexibilité de l'outil de production, l'emballage et la  distribution.

Rappelons à ce propos l'étonnante performance constatée dans des entreprises Européennes :celles-ci ont entrepris une véritable démarche logistique, ayant engendrée un accroissement du taux de service, (T= 95%) et une baisse simultanée du coût opérationnel de 9 à 12% du prix de revient des produits, et de 50% de la valeur des stocks immobilisés.

Les Outils de Pilotage

Pas de SCM sans une réflexion pertinente sur les outils informatiques qui vont constituer la base de l'édifice.

WMS (Warehouse Management System) : il s'agit de progiciels d'entreposage qui constituent souvent la pierre angulaire d'une organisation logistique réussie. En effet, l' entrepôt est un passage obligé de tous les produits, il est l' endroit privilégié pour collecter de l'information, la traiter , la remonter vers les outils de gestion. D' où la nécessité, avant d'investir dans un logiciel, de définir clairement un cahier des charges et de se fixer des objectifs. Objectifs par rapport aux enjeux de productivité, de structuration des process, de tracabilité des produits, de tenue de stock par emplacement.

MRP (Material Requirement Planning / Planification des besoins en composants) est à la fois une technique de gestion du stock et une technique de planification. MRP est à l' origine, une méthode de calcul des besoins en composant et en matières premières par éclatement des nomenclatures. MRP n'est pas un système informatique.

MRPII (Manufacturing Resources Planning)  : est un concept et système permettant de gérer les approvisionnements et les ressources de production.

ERP (Enterprise Resources Planning)  : Système global gérant toutes les informations nécessaires à l'entreprise.

La mise en place de tels systèmes est lourde de conséquence en matière d'organisation et de changement des mentalités. La formation est une carte maîtresse de leur bonne mise en ouvre.

APS (Advanced Planning and Scheduling) : Ces progiciels qui intègrent des fonctionnalités comme les prévisions, la planification, la production, la distribution et le transport s'inscrivent dans le prolongement de la logistique globale. Outils de pilotage par excellence, les APS ont pour vocation d'accroître la performance industrielle, à travers une optimisation globale des flux.

Le SCM est synonyme d'amélioration des performances de l'entreprise : au plan opérationnel, ils se traduisent par une plus grande fluidité du processus, donc une plus grande efficacité, tant en termes de qualité que de disponibilité du produit.

Au plan financier ,le SCM génère des gains spectaculaires grâce à la réduction des stocks (matières premières et produits finis) et à une rationalisation des moyens de Production (réduction des temps d'arrêts de machines, organisationnels, informatique) mis en ouvre.

En résumé, le but ultime du SCM est bien de se démarquer de la concurrence en apportant la meilleure réponse possible à l'attente du client.

 
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