Vers une eGRH ?
Par Mondher Khanfir
Les facteurs de performance de l'entreprise ne résident plus seulement dans une croissance
exponentielle de son capital physique et de sa force de travail. Mais plutôt dans des
facteurs nouveaux et immatériels, comme sa capacité créatrice, son patrimoine
de savoir-faire, son aptitude à résoudre collectivement les problèmes,
son anticipation des évolutions du marché, .
Une nouvelle forme d'organisation émerge donc, fondée sur la connaissance et
l'intelligence collective et non plus seulement sur les moyens et les structures. Elle correspond
pour l'entreprise contemporaine à une nécessité d'adaptation ultra-réactive,
permanente et répartie sur l'ensemble des acteurs, face à un environnement complexe,
incertain et hautement concurrentiel.
Pour mobiliser et tirer avantage de toutes ses ressources, l'entreprise se doit de passer
d'un mode organisationnel qui s'appuie sur la division du travail (logique de postes) à un
mode organisationnel qui s'appuie sur l'intégration du travail dans des processus transversaux
orientés client (logique de compétences), et capitaliser sur l'actif immatériel
de l'entreprise.
Toute entreprise se trouve face à des défis génériques majeurs,
qui sont le temps, l'espace, la complexité et le changement. Comment répondre à ces
défis ? Comment optimiser les ressources en fonction des besoins ? avec quels
outils ?
La GRH est appelée à apporter des réponses à ces questions, et
jouer un rôle décisif dans la stratégie de développement de l'entreprise.
La GRH n'est plus seulement la fonction qui administre l'employabilité et les carrières,
mais la fonction qui gère et produit des compétences.
Cette nouvelle mission GRH nécessite de nouveaux outils pour une évaluation
en temps réel des écarts entre les compétences requises et les compétences
existantes, et de pilotage du système de production des connaissances (par développement
ou acquisition de ressources).
Il s'agit en outre de développer une compétence collective globale supérieure à la
somme des compétences individuelles, en suivant une démarche qui s'inscrit dans
un processus d'innovation organisationnelle.
La logique organisationnelle devient l'empreinte unique caractérisant l'entreprise.
Elle constitue en cela un avantage concurrentiel déterminant car difficilement copiable.
Les Technologies de l'Information et de la Communication, en facilitant le partage et la
coordination entre les acteurs, donnent une réponse nouvelle à cette problématique
d'ingénierie de la connaissance...
Développer un système de gestion des compétences, de capitalisation
du savoir et de formation à distance, au service de l'ensemble du personnel, est un
chantier qui attend bon nombre d'entreprises.
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