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Le
Paradoxe comme outil de management
Par Ghazi Kerfaï, Consultant
Sénior
Le paradoxe est-il un outil efficace de management ? Certainement,
car le paradoxe a ce mérite de contourner les susceptibilités
et de dépassionner les problèmes. Il permet
souvent un changement de perception, donc d'attitude.
Bien utilisé, il peut être un puissant vecteur
de communication. Il dévoile avec dérision l'autosatisfaction
voire l'hypocrisie, révèle les défaillances
d'une équipe, sans jugement de valeur individuel…
De toute évidence, manier le paradoxe, revient à
manier l'art de changer "son" monde, qui est
lui-même paradoxal.
Paradoxal ne veut pas dire illogique ou inopérant.
Bien au contraire. C'est même souvent ce qui caractérise
les innovations les plus remarquables. Exemple : faire voler
des objets plus lourds que l'air (avion), visiter un
hôtel avant d'y aller (internet), ….
Mais l'innovation n'est pas uniquement en terme
de production. Elle est aussi organisationnelle. C'est
le cas par exemple des projets de restructuration (ou de Reengineering)
d'entreprise qui visent, à notre sens, à
atteindre un objectif générique paradoxal, à
savoir, construire l'entreprise de demain en faisant
fi du passé !
Pour une entreprise, une redéfinition radicale
de ses processus nécessite une remise en cause
fondamentale de sa logique ‘historique' de production
et de gestion. Décider de réaliser des gains
spectaculaires dans les performances critiques conduit
forcément à une réinvention de son mode
organisationnel, voire même de sa culture d'entreprise.
Rappelons que pour innover, il faut passer d'une logique
déductive à une logique inductive. D'une
certaine manière, Innover c'est construire un
système de production de ressources illimités,
« matérialisés » par l'intelligence
humaine, la connaissance, l'innovation et le processus
d'amélioration continue. Et c'est certainement
cela, qui figurera comme l'acquis le plus précieux
d'une opération de Reengineering.
De nos jours, les entreprises font face de plus en plus aux
phénomènes paradoxaux, tels que le matériel
versus l'immatériel, la confiance versus la sécurité,
le générique versus le détail, …etc.
Intégrer la logique inductive dans le mode de pensée
des managers est donc un pré requis pour s'inscrire
dans une vision prospective et une logique de développement
durable.
Agissons !
En ces temps difficiles, chaque décision, mais aussi
chaque absence de décision, est devenue multirisque.
Et ce n'est pas l'incertitude qu'il faut
craindre, mais la peur de l'incertitude elle-même.
Cette peur qui tétanise les esprits et inhibe les volontés
et la capacité d'actions. La situation économique
mondiale est préoccupante certes, mais elle serait
encore plus grave si on arrêtait d'œuvrer
pour un monde meilleur, chacun à sa manière,
et selon ses moyens.
Prévoir, c'est voir, penser et agir dans la
complexité qui caractérise notre environnement.
Le monde change, et de plus en plus vite. N'attendons
pas de subir, agissons. Comment ? Chacun trouvera le moyen
le plus approprié. Mais, n'oublions pas que le
jeu économique actuel consiste non seulement à
jouer, mais aussi à changer simultanément les
règles du jeu… encore un paradoxe avec lequel
les dirigeants d'entreprises doivent se familiariser
dans cette économie complexe, ouverte et en mouvement
permanent! Mais attention, la course à la croissance
économique doit être relativisée par une
éthique visant à promouvoir l'Homme comme
finalité ultime de toute entreprise humaine. |