| Un vœu pieux n'est pas synonyme
d'objectif. Pour être plus précis, un vœu
émane d'un désir de voir se réaliser
une volonté, exprimant une intention ou des sentiments, sans
forcément une capacité d'action.
En général, un vœu pieux, combien même
il peut être louable, n'engage en rien son émetteur.
Et des vœux pieux, nous en formulons tout le temps : Les vœux
de bonheur à l'occasion d'une fête, les
vœux d'une paix globale dans le monde, les vœux
de voir réduire le nombre de décès dues au
tabagisme, …etc.
Par contre, un objectif c'est l'aboutissement d'un
projet. Il formule un ou plusieurs buts précis que l'on
se propose d'atteindre. Il est en général assorti
de moyens, de ressources et surtout d'un délai. Un
objectif a donc un coût, et il engage la responsabilité
de son émetteur ! Un des déterminants de l'atteinte
d'un objectif, est la vision à long terme de l'émetteur,
donc de sa conscience du facteur temps.
Remarquons, qu'avec le temps, un objectif peut se transformer
en vœu pieux. Et réciproquement.
Le temps est-il un ou multiple ?
Là encore, il faut lever une ambiguïté. Le temps
n'est pas uniquement l'état de l'atmosphère
–un temps orageux par exemple-, ou une période déterminée
par rapport à des circonstances données. Exemples
: le temps des cerises, le temps de la jeunesse, le temps de la
guerre,…etc.
Une autre définition du temps pourrait être la dimension
de l'Univers selon laquelle semble s'ordonner la succession
irréversible des phénomènes.
Ou encore, le temps c'est un milieu, analogue à l'espace,
indépendant des événements qui s'y déroulent.
Ce milieu peut être considéré comme une réalité
absolue (Newton), comme une forme a priori de notre sensibilité
(Kant) ou comme une construction de notre esprit, en référence
à Saint Augustin qui a défini trois temps : Le présent
du passé, le présent du présent et le présent
du futur.
Et pour compliquer davantage la notion de temps, La théorie
de la relativité, en physique, a mis fin à la notion
de temps absolu (chaque système physique de référence
a son «temps propre»);en outre, le temps ne peut plus
être défini indépendamment de l'espace: on parle
de continuum espace-temps. |
En généralisant la conception
des physiciens modernes, on peut considérer qu'il y a plusieurs
niveaux temporels: physique, biologique, historique, personnel (la
durée vécue, radicalement distincte du temps de l'horloge);
plusieurs temps même ayant chacun son rythme propre, éventuellement
variable.
Reste une question d'ordre métaphysique, le temps
doit-il être considéré comme une simple illusion
de notre être sensible ou comme constituant l'essence même
des choses? C'est le problème du rapport du temps et de l'éternité.
Il est temps que ça change
On entend souvent des gens se plaindre du manque chronique de temps.
Ceux là, gèrent mal leur capital temps, donc leur
énergie et forcément leurs ressources.
D'autres pensent que le temps est compressible. Ceux qui
partent tous les jours en retard, et pensent rattraper le temps
‘perdu' en grillant les feux rouges sont dans cette
catégorie. Et si par miracle, ils arrivent indemnes, et forcément
en retard, ils se plaindront inlassablement de la circulation.
Autre phénomène qui prend la dimension d'un
fléau généralisé. Le paiement à
terme, et son corollaire le règlement à échéance
indéterminée, pour ne pas dire l'impayé...
Voilà une pratique ancienne, qui permettait à l'origine
le financement d'activités commerciales tout en partageant
les risques entre différents acteurs d'une même
filière économique … c'était bien
avant l'invention de la banque. Mais depuis l'arrivée
de la banque, les financements bancaires, combien même ils
se sont développés et généralisés,
ils n'ont toujours pas effacer les financements indirects
interentreprises, qu'ils soient consentant ou de fait. Les
conséquences de ses pratiques se font de plus en plus sentir
ces derniers temps. Là où il y a péril, il
y a nécessite d'un cadre juridique.
Chez nos voisins européens, un projet de directive limitant
les délais de paiement à 60 jours maximum, y compris
pour les entreprises étatiques, et en cours d'élaboration. |
Nous faisons le vœu de voir généraliser
à nos contrées une telle loi.
Le temps, c'est de l'argent ?
Lorsqu'un simple acte de la vie courante, devient gaspillage
de temps, on peut craindre une perte d'efficacité globale.
Imaginons par exemple, les économies de temps (et d'énergie)
que généreraient moins de déplacements donc
d'embouteillages et d'accidents, si seulement on généralisait
les solutions de règlement à distance des factures
d'eau, de téléphone ou d'électricité.
D'autant que les solutions techniques existent. Espérons
que cela ne restera pas au stade de vœu pieux.
Une autre question temporelle porte sur la valeur d'un travail
immatériel. Comment évaluer le travail d'un
prestataire de service. Un consultant par exemple. Est-ce en fonction
du nombre de pages de son rapport ? Ou en fonction du temps qu'il
aura consacré à le réaliser ? Cela pourrait
aussi être en fonction du résultat atteint ! Ou encore
en fonction de ce que cela pourrait rapporter au prescripteur !
Dans une société où le commerce de marchandises
a toujours dominé, il reste inconcevable pour certains chefs
d'entreprise de faire appel à du conseil. Pas nécessairement
parce que le besoin n'existe pas. Mais plutôt parce
que la méthode d'évaluation d'un travail
immatériel n'est pas comprise. La confusion vient surtout
dans la perception du métier de consultant. Faut-il préciser
qu'un consultant ne vend pas de conseils, mais plutôt
de la méthode et une capacité d'analyse, de
synthèse et d'action. Son travail ne peut s'intégrer
que dans le cadre d'un projet. Donc autour d'un objectif
et d'un engagement sur un résultat. Rehausser l'image
des consultants passe par la clarification des rôles et responsabilités
des consultants. Et ceci rejoint l'objectif de cette lettre
d'information, et de celles qui suivront…
Sans comparer les consultants aux artistes du moyen âge,
nous rappellerons pour l'anecdote que les peintres de l'époque
ont dû lutter contre leurs commanditaires pour que leur travail
ne soit plus rémunéré en fonction de la surface
peinte et du prix des couleurs utilisées.
Et tout finit bien. Puisque tout finit. |